le port.

Écrit par le 20 mars 2025

Bras de fer sous tension sur les quais de Papeete. Depuis plusieurs années, la société d’acconage Cowan & Fils et le Port autonome de Papeete s’affrontent sur le terrain judiciaire. Au cœur du dernier contentieux : le refus du Port autonome de prolonger une autorisation essentielle à l’activité de l’entreprise. Alors que le tribunal administratif doit rendre sa décision le 15 avril, ce différend soulève des enjeux majeurs pour l’exploitation portuaire et la concurrence entre les acconiers.

Depuis des années, la société d’acconage J.A. Cowan & Fils et le Port autonome de Papeete (PAP) s’affrontent sur le terrain judiciaire, loin des docks. Au cœur du dernier épisode de cette bataille de tranchées, examiné ce mardi par le tribunal administratif de Papeete : le refus du Port autonome de prolonger l’autorisation d’outillage privé avec obligation de service public (AOP-OSP) de Cowan. Derrière cette convention administrative, qui permet à une entreprise privée d’exploiter des infrastructures sur le domaine public portuaire sous contrainte d’un service public, se cache, en filigrane, un bras de fer bien plus vaste, entre un acteur privé et une administration publique gérant l’une des infrastructures les plus stratégiques et essentielles du territoire.

Pour comprendre l’ampleur du contentieux, il faut remonter à avril 2023, moment où Cowan & Fils, acteur clé de la manutention portuaire polynésienne avec 43 % de part de marché (chiffres de 2022), sollicite une prolongation de sept ans de sa convention d’occupation, qui court jusqu’en 2027. L’objectif affiché : sécuriser ses investissements et rassurer ses créanciers. L’entreprise a en effet engagé 800 millions de francs dans l’achat d’une grue Liebherr 550 adaptée aux nouveaux gabarits de navires. Un investissement stratégique, lié à un contrat avec la compagnie maritime CMA-CGM, qui demandait une grue spécifique pour traiter l’accroissement de la largeur de ses navires.

Mais le conseil d’administration du Port autonome oppose une fin de non-recevoir. “Cowan expliquait acheter une nouvelle grue pour en remplacer une existante. Finalement, ils l’ont réparée pour pouvoir utiliser trois grues. Or, nous avons fixé une limite de deux grues par acconier, comme l’acceptent Sat Nui et Cotada (les deux autres acconiers présents au PAP). Sachant que s’il y a une surcharge, ils peuvent se louer des grues entre eux, comme c’est prévu dans les contrats”, argumente Jean-Paul Le Caill, directeur du Port autonome de Papeete, contacté par Tahiti Infos. L’Autorité portuaire autorisera d’ailleurs, en janvier 2025, Sat Nui à utiliser un engin similaire, sous condition de respecter la limite de deux grues. « Nous avions clairement notifié au port notre intention d’acquérir cette grue, sans qu’aucune objection ne soit soulevée à l’époque. Pourtant, une fois l’achat réalisé, son utilisation nous a été refusée, au motif que nous n’avions pas formulé une demande officielle en bonne et due forme », explique Quito Brown-Ortega, PDG de Cowan & Fils.

Saisi, le tribunal administratif tranche en faveur de Cowan en avril 2024, annulant le refus du Port autonome et sommant ce dernier d’accorder l’utilisation de cette grue. “La grue a été immobilisée quatorze mois”, déplore Quito Brown-Ortega. Mais le Port autonome se pourvoit en appel, maintenant la pression sur l’entreprise. La cour administrative d’appel devra statuer en fin d’année.


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