GReves…
Écrit par Aldo SARCIAUX le 3 avril 2025
Pas de sortie de conflit en vue à l’Apair-Apurad. La direction refuse de revaloriser les petits salaires à cause de la situation financière actuelle de l’association. Elle donne rendez-vous aux syndicats en octobre prochain. Les partenaires sociaux considèrent cela comme “un chantage” et demandent d’arrêter “d’imputer ce déficit aux salariés”. Ils assurent que si la direction ne veut pas discuter, “on mettra tout notre poids pour qu’elle ne bénéficie pas d’une augmentation, ça c’est clair. Donc qu’ils arrêtent de jouer au yoyo avec nous. On est catégorique, c’est maintenant ou jamais.”
Alors que la grève à l’Apair-Apurad est effective depuis deux semaines et qu’une intersyndicale composée de Otahi, O oe to oe rima et la CSIP vient de rejoindre le mouvement de protestation initié par la CSTP-FO, la situation est bloquée. Le premier secrétaire adjoint de la CSIP, Cyril Le Gayic, précise que si l’intersyndicale a déposé un préavis, c’est pour venir “en soutien au personnel en grève car on a trouvé calamiteux le comportement de la direction vis-à-vis d’eux”. Il a rappelé que le point principal de revendication de l’intersyndicale était le premier point, soit la revalorisation des bas salaires à hauteur de 6%.
Il assure que certains des salariés de l’association Apair-Apurad n’ont pas été augmentés depuis 2011. “Ce sont des primes qu’on leur a balancées, ce sont des éléments variables.” Selon le syndicaliste, seul le salaire de base des infirmiers diplômés d’État (IDE), des agents de maîtrise, des cadres et de la direction a été revu à la hausse. Raison pour laquelle l’intersyndicale a demandé cette revalorisation uniquement pour les petits salaires.
La direction “ne peut répondre favorablement”
La réponse de la direction reçue ce mercredi en fin de journée est “claire et nette” pour Cyril Le Gayic puisque cette dernière “ne peut répondre favorablement en l’état actuel de la situation financière de l’association”. Elle donne rendez-vous aux syndicats avant le 31 octobre 2025 pour “réexaminer la situation des salaires”. Selon le premier secrétaire adjoint de la CSIP, la réponse de la direction “va énerver encore plus le personnel”.
Le syndicaliste pointe du doigt l’attitude de la direction car selon lui, malgré le déficit de 2022-2023, il y a eu “une augmentation de la masse salariale de plus de 70 millions de francs”.
“Qu’ils arrêtent de jouer au yoyo avec nous”
La rencontre fixée en octobre prochain par la direction de l’Apair-Apurad n’est pas si innocente que cela. En effet, la Caisse de prévoyance sociale (CPS) étudiera son budget et les associations comme Apair-Apurad devraient recevoir également leur subvention. Cyril Le Gayic souligne que “tous les ans, c’est accordé, mais s’ils ne veulent pas discuter avec nous aujourd’hui (…), on mettra tout notre poids pour qu’ils ne bénéficient pas d’une augmentation, ça c’est clair. Donc qu’ils arrêtent de jouer au yoyo avec nous. On est catégorique, c’est maintenant ou jamais.”
Le premier secrétaire adjoint de la CSIP considère que la direction leur fait “du chantage”. En effet, il pense que la direction va leur présenter le déficit de l’association pour que “la CPS comble cela (…). Si ce sont toujours les mêmes qui reçoivent des augmentations de salaire et que les petits n’ont pas d’augmentation, je dis non”.
Il ajoute également que la direction met ce déficit sur le dos des salariés alors même “qu’elle fait un chiffre d’affaires, pour une association à but non lucratif, de 2,5 milliards de francs. Il faut arrêter de prendre les salariés pour des imbéciles.”
Le premier secrétaire adjoint assure encore qu’une partie des salariés a bénéficié d’une revalorisation. “Ils le méritent mais il ne faut pas oublier qu’il y a une autre partie qui contribue aussi à la réussite de cette association.” Il rappelle également que ces dernières années, l’inflation a été importante et que la direction “aurait pu leur donner une compensation sur le salaire. On leur donne des primes, j’ai étudié les primes, ce sont toujours pour les mêmes personnes.”
Cyril Le Gayic considère la réponse de la direction comme étant “inappropriée, indélicate”.
Il a d’ailleurs donné rendez-vous jeudi matin à ses camarades sur le piquet de grève avant que ces derniers ne se rendent au conseil d’administration de la CPS. “Il est peut-être temps de glisser au conseil d’administration ce qui se passe au niveau de l’association Apair-Apurad.” Il précise également que si la direction les reçoit jeudi, il leur fera passer le message suivant : “Ne comptez pas sur les organisations syndicales pour vous soutenir dans vos demandes en octobre”.
N’ayant trouvé aucun accord, l’intersyndicale composée de Otahi, O oe to oe rima et la CSIP entre en grève ce jeudi à 00 heure…